Le cortège du maharajah

17 avril 2011. Nous arrivons à Jaipur, notre programme de visites est bouleversé car « the king is dead ». Le maharajah vient de mourir, le chief minister de l’État du Rajasthan a décrété deux jours de deuil, les 17 et 18.

Sawai Bhawani Singh Bahadur était le dernier maharajah titulaire de Jaipur. Il succéda à son père en 1970 et l’année d’après, Indira Gandhi, Premier ministre, modifiait la constitution de l’Union indienne pour abolir les titres princiers et les rentes servies aux ex-souverains. La même année, il participait à la guerre contre le Pakistan, pendant laquelle il reçut la Maha Vir Chakra, une haute distinction militaire. Plus tard, il fut élevé au titre de brigadier, l’équivalent de général de brigade. Après l’armée et une incursion en politique, il se reconvertit en homme d’affaires, transformant certains de ses nombreux palais en hôtels de luxe. Décédé à 79 ans, il était un des hommes les plus riches de l’Inde et toujours considéré comme le roi par une bonne partie de la population à laquelle il donnait régulièrement audience.

Le 18, le défilé de funérailles se déroule dans la ville, jusqu’au lieu de crémation, sur une colline à l’écart où se trouvent les cénotaphes, Gaitor. Nous attendons sur un toit-terrasse en compagnie des femmes et des enfants.

Le cortège arrive. Les chevaux blancs de la garde, les éléphants, la fanfare, le cheval du défunt, le camion avec le cercueil, suivi par des milliers d’hommes, la plupart vêtus de blanc, couleur du deuil. Pas une seule femme, la mort est une affaire de mâles. Le camion sur lequel se trouve le cercueil, couvert de fleurs et entouré par les proches dont certains discutent de façon véhémente. Un adolescent, son petit-fils de treize ans, fils de sa fille unique et désigné par lui comme son héritier, allumera le feu du bûcher funéraire.



La colline de Gaitor, lieu des crémations et des cénotaphes des maharajahs de Jaipur.

Le dragon fuit la pluie

La Fête du Printemps ou nouvel an chinois, c’était le 5 février, début de l’année du cochon de terre. Le dimanche suivant, soit le 10 février, danse du dragon prévue place de la République. Comme c’était la mairie du IIIe qui organisait, danses et discours se tenaient du côté sud-ouest de la place.
Mais  il était prévu que les spectateurs derrière les barrières puissent voir le défilé autour de la statue dans les trois arrondissements.
Quelques palanquins et associations sont bien venues faire le tour de la place mais point de dragon ni de lions: la pluie qui commençait à tomber a contraint ces derniers à se mettre à l’abri…